02.02.07
Il y a une question..
Violonite aigüe.
Grave maladie sûrement inguérissable, et transmise par un mal tout aussi difficilement effaçable, amour de l'art transmis par l'art du sentiment.
Une découverte en cachette, une oreille en goguette, et deux passions qui naissent jumelles, entremêlées, l'une dans les bras paisibles de l'autre, l'instrument entre ses poignets souples, les cordes dans ses mains voyageuses, les mélodies au coin de ses lèvres, au bord de son sourire. Les sens qui s'envolent au rythme des notes et des étreintes, la perte du temps et de la raison. Puis la perte de l'une des deux passions, mais l'installation définitive de l'autre.
Elles doivent apprendre à vivre l'une sans l'autre, elle doit apprendre à vivre sans lui.
Alors l'archet reste à jouer le métronome de ses jours, d'abord baigné dans les larmes,
puis, les semaines passant, avec le sourire à la clef (de sol?).
Atteinte de violonite aigue.
Le temps ne pouvait rien là où il avait pourtant réussi à effacer.
Elle n'entend plus que lui là où avant il n'existait même pas pour elle.
Il berce ses idées, découle ses émotions, lui embrase des sourires,
accélère son imagination, en boucle, les cordes vibrent, l'archet les effleure.
Deux passions nées jumelles, mais séparées à l'adolescence,
un noeud délié pour mieux serrer d'autres liens aux chevilles.
Violonite, passion phagocyte.
Grand huit au creux des tripes.

